Histoire de la Basse Electrique

Création de l’instrument

L’histoire de la basse électrique débuta par le désir qu’avaient les contrebassistes dans les années 40 de jouer plus fort.

Durant cette période, quelques fabricants essayèrent de répondre à ce désir sans grand succès. Il fallut attendre le lancement en 1951, de la guitare basse électrique à caisse pleine de Léo Fender avec le modèle Précision Bass, pour que commence réellement cette fabuleuse histoire. Précision car la touche de l’instrument permettait d’avoir un jeu précis et ce grâce à la bonne position des barrettes (frettes) placées au dixième de millimètre près.

La Fender Précision Bass est équipée de quatre cordes accordées en quarte mi, la, ré, sol. Une octave plus bas que les quatres cordes les plus graves de la guitare. Branché sur un amplificateur, ce nouvel instrument permet de jouer aisément beaucoup plus fort qu’avec une contrebasse.

A partir de ce moment de nombreux fabricants proposèrent dans leur catalogue un modèle de basse électrique. Gibson sort en 1953 l’électricité bass. La marque allemande Höfner propose vers 1956 la « Bass violon » utilisé par Paul Mc Cartney.

En 1957, la première basse Rickenbaker, la 4000 apparait sur le marché, son manche n’est pas visé comme sur les fender, mais traverse l’instrument de part en part. Ce manche a pour avantage d’augmenter le sustain et la résonance.

A partir de 1957, les basses électriques sont fréquemment utilisées sur les scènes et dans les studios d’enregistrement.

Lors des prises de son de l’époque, une piste était dédiée à la contrebasse pour donner de la profondeur à la ligne de basse et la même ligne était doublée en utilisant la basse électrique pour apporter un son plus percutant à l’ensemble.

En 1960, apparait la Jazz Bass Fender. Ses cordes très rapprochées au sillet donne au manche une forme plus fuselée que celui de la précision. La Jazz Bass se distingue de la précision également de par ses deux micros qui offrent une plus grande palette sonore.

 dessin basse

 

Point mort à la septième case

Lors de la conception de la Précision Bass, Léo Fender avait constaté une sorte de point mort à la septième case. Le son était en quelque sorte étouffé à  la septième frette. Pour atténuer ce problème, la tête de l’instrument fut agrandie. Beaucoup de musiciens ne s’en étaient absolument pas aperçus, et le problème pas totalement éliminé.

 

Electronique Active

Vers la fin des années 60, certains fabricants incorporèrent une électronique active à leurs modèles. Un préampli intégré permettant de booster les aigus et les graves fut installé sur la TR2 solid-body de chez Burns. Gibson avec sa Les Paul Triumph Bass, proposa également au bassistes un instrument équipé d’une électronique active. A partir de 1970, la marque Alembic développa des basses avec manches conducteurs et électronique active. Stanley Clarke qui en est l’ambassadeur, adopta cette marque haut de gamme à partir de 1973.

 

Carbone ou Bois

En 1978, Alembic proposa un modèle équipé d’un manche carbone. La fibre de carbone, de verre ou de graphite, est imprégnée de résine liquide, puis moulée pour devenir thermodurci. On obtient un manche plus dense et plus rigide que le bois. A signaler également, une meilleure régularité du timbre ainsi que la disparition des fameux points morts que l’on rencontre presque toujours sur un manche en bois. La basse Steinberger arriva sur le marché en 1981. Entièrement en carbone, muni d’un tout petit corps, pas de tête et des micros actifs, cette première basse fût vendu au bassiste Tony Levin.

 

 

4, 5, 6, cordes

En 1974, Anthony Jackson demanda à Carl Thompson de lui fabriquer une basse six cordes. « J’avais souvent envie de jouer plus bas » explique Jackson. Le bassiste a toujours adoré l’orgue, Bach, Messian, … il savait qu’aucune corde ne pourrait rivaliser avec les pédales d’un orgue. Pourtant il était persuadé qu’il était possible de descendre d’une quarte en dessous de la corde de mi. Par rapport à la basse 4 cordes on ajouta une corde aiguë en do et une corde grave en si. Jackson baptisa l’instrument « Contrabass ». Par la suite, le bassiste collabora avec Ken Smith et Fodera afin de concrétiser ses idées de basses à six cordes. A partir des années 80, les basses cinq cordes s’imposèrent parmi les bassistes souhaitant enrichir leur jeu.

 

 

 

Basse sans frettes

C’est le bassiste Jaco Pastorius qui popularisa à la fin des années 70, le son de la basse sans frettes appelée également « Fretless ». Avec une touche lisse, le son produit est très différent des basses avec frettes. On obtient un son chaud et rond et l’on peut jouer facilement des glissés impressionnants ou des vibratos longitunaux sur les cordes.

 

Les années 80

Trente ans après la naissance de la basse électrique, le bassiste Jeff Berlin déclarait : « Voyez donc l’état actuel de la basse électrique. Elle se modernise sans arrêt. On trouve des basses à quatre cordes, à cinq cordes, à six cordes, à huit cordes, sans frettes, des basses à manche épais, à manche plat, à manche en carbone; et toutes les combinaisons imaginables de cordes, de chevalets, de micros, de commandes de tonalité et de volume, de mécaniques et même de sillets. »

 

 

Dans les années 1990 et 2000

La lutherie a profité de l’outil informatique pour proposer d’autres concepts comme par exemple : Les basses à registre étendu.

Ce terme représente toutes les basses dont l’accord est plus étendu que celui de la basse à 4 cordes ( excepté la basse à 5 cordes )

  • Basses à cordes doublées (principe de la guitare à 12 cordes),
  • 6 cordes, pourvues d’au moins 24 frettes,
  • Sub-Basses, qui sont des basses accordées une octave en dessous de la basse standard.

Le bassiste français Yves Carbone, est un spécialiste de ce type d’instrument. Il joue sur des basses 10 et 12 cordes fabriquées par Jerzy Drozd, et sur une Sub-Bass 8 cordes signée par le luthier Christian Noguera.

Ces instruments sont souvent critiqués, car ils n’ont plus grand chose à voir avec la guitare basse de Leo Fender. Même si les bassistes ont voulu s’émanciper, la plupart reste très attachés à leur rôle d’accompagnateur.

bassiste papou

 

Conclusion
Leo Fender avait pensé la conception de l’instrument en terme de facilité de transport et de confort de jeu. Ensuite, les musiciens ont fait évoluer de manière significative la lutherie ouvrant à chaque fois un nouvel horizon sonore.
Défrettage, ajout de cordes, utilisation de nouveaux matériaux,  passage à l’électronique active, toutes ces évolutions ont contribué à élargir la palette expressive des musiciens.
L’instrument a  toujours su s’adapter aux changements de modes, et aux divers courants musicaux qui ont traversé les époques.
Cependant, le rôle de la basse n’est pas radicalement différent de ses débuts.  Son importance rythmique, avec l’apparition de la notion de groove lui donne une place de choix dans bon nombre de styles actuels.
 
RÉFERENCE

Ouvrage sur la basse électrique

BACON Tony, et Barry MOORHOUSE, The Bass Book : A Complete Illustrated History of Bass Guitars, Balafon Books, Londres, 1995.

 

Une pensée sur “Histoire de la Basse Electrique

  • 20 septembre 2017 à 22 h 31 min
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    Très instructif et donne des idées

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