Sculptez Votre Basse : Les Fréquences Clés

Égalisation de la Basse par Style Musical

Maîtriser l’égalisation de la basse est essentiel. Chaque style musical exige des réglages spécifiques pour que la basse s’intègre parfaitement au mix, soutenant le groove sans dominer les autres instruments.
Ce guide détaille les fréquences clés à booster, couper ou surveiller pour 8 styles populaires, basé sur des pratiques éprouvées en live.
Testez toujours en contexte dans le mix avec les autres instruments, pour ajuster au plus près de ce que demande le projet .

Style Rock

Pour un son de basse rock, sculpter les fréquences pour un punch agressif et une présence mid-forward, avec des graves solides mais contrôlés.
Basses fréquences (30-100 Hz)
Booster autour de 50-80 Hz pour le corps et le punch fondamental, renforçant l’impact avec la grosse caisse.
Couper sous 30-40 Hz pour éliminer le rumble et gagner en clarté.
Bas-médiums (100-400 Hz)
Renforcer légèrement 120-250 Hz pour la chaleur et le poids, évitant la boue en réduisant si conflit avec le kick.
Médiums et hauts (400 Hz+)
Booster 600-900 Hz et 1-2 kHz pour l’attaque, la définition et l’agressivité des notes, essentiel pour percer le mix.
Atténuer au-dessus de 3 kHz pour contrôler la brillance.

Style Funk

Pour un son de basse funk, sculpter les fréquences pour un groove punchy et précis, avec des graves serrés, un creux dans les bas-médiums et une attaque nette.
Basses fréquences (40-100 Hz)
Booster modérément 50-80 Hz pour un fond solide, en coupant sous 40 Hz pour éviter la boue et garder la précision du slap.
Bas-médiums (100-400 Hz)
Creuser autour de 200-300 Hz pour apporter de la clarté et éviter les conflits avec le kick.
Médiums et hauts (800 Hz+)
Renforcer 800 Hz-2 kHz pour l’articulation et le « pop » des cordes, avec un léger boost à 3-5 kHz si slap.

Style Reggae

Pour un son de basse reggae typique, les fréquences à sculpter visent un grave profond et chaleureux, avec une réduction des médiums pour éviter la boue et une légère présence dans les hauts médiums pour l’attaque rythmique.
Basses fréquences (20-100 Hz)
Booster modérément autour de 40-80 Hz pour obtenir la puissance sub et le « groove » reggae profond, sans excès pour éviter le rumble inutile.
Couper en dessous de 30-40 Hz avec un high-pass pour nettoyer les infrasons non reproductibles.
Bas-médiums (100-300 Hz)
Réduire légèrement 150-250 Hz pour plus de clarté et de rondeur, car cette zone peut rendre le son boueux en conflit avec le kick. Cela préserve la chaleur essentielle au reggae tout en laissant de la place aux autres instruments.
Médiums et hauts (300 Hz+)
Atténuer 300-800 Hz pour creuser les médiums et accentuer le « scooped » reggae. Boostez subtilement 1-2 kHz pour l’articulation des notes et l’attaque, et coupez au-dessus de 3-5 kHz si besoin pour enlever la brillance excessive.

Style Blues

Pour un son de basse blues, surveiller les fréquences qui apportent une chaleur organique et un growl rond, typiques d’une walking bass.
Basses fréquences (40-100 Hz)
Booster autour de 60-80 Hz pour le corps chaleureux et la puissance fondamentale, renforçant le feel shuffle sans excès.
Couper sous 30-40 Hz pour éliminer le rumble et garder la clarté.
Bas-médiums (100-400 Hz)
Renforcer légèrement 120-250 Hz pour le poids et la rondeur, en réduisant si boue autour de 200-300 Hz pour éviter les conflits avec le kick. Cela préserve le ton boisé blues.
Médiums et hauts (400 Hz+)
Booster 600-1 kHz pour le growl et l’articulation des notes, avec un léger cut à 2-4 kHz si trop nasal, en visant un son mat et expressif qui perce sans agressivité.

Style Metal

Pour un son de basse metal, sculpter les fréquences pour un growl agressif et précis, avec des graves puissants mais serrés, une attaque mid-forward et une présence haute pour percer les guitares saturées.
Basses fréquences (30-80 Hz)
Booster fortement autour de 40-60 Hz pour le rumble subsonique et l’impact viscéral, en coupant sous 30 Hz pour contrôler le rumble et aligner avec le kick.
Bas-médiums (80-300 Hz)
Renforcer 80-120 Hz pour le punch et le corps, en creusant agressivement 200-400 Hz pour éviter la boue et laisser respirer la grosse caisse.
Médiums et hauts (500 Hz+)
Booster 700 Hz-1.5 kHz pour le growl mordant et l’articulation, avec un léger pic à 2-5 kHz pour la présence et le claquement des cordes, tout en atténuant au-dessus de 8 kHz si trop agressif.

Style Jazz

Le jazz demande des réglages spéciaux pour obtenir un son rond, précis et acoustique ce qui permet de soutenir les improvisations sans dominer.
Basses fréquences (40-100 Hz)
Booster subtilement 50-80 Hz pour obtenir un son chaleureux, en coupant sous 40 Hz pour une propreté essentielle au walking bass jazz.
Bas-médiums (100-400 Hz)
Renforcer légèrement 150-250 Hz pour le corps boisé, en réduisant autour de 300 Hz si nasillard. On cherche à préserver la rondeur typique d’une contrebasse ou Jazz Bass.
Médiums et hauts (500 Hz+)
Accentuer 800 Hz-2 kHz pour l’articulation et les harmoniques naturelles, avec un cut doux au-dessus de 4 kHz pour éviter la brillance excessive et rester smooth.

Style Pop

Pour un son de basse pop, sculpter les fréquences pour une présence claire et moderne, avec des graves serrés, une attaque punchy et une définition qui perce sur tous les systèmes, typique des productions comme celles de Mark Ronson ou Max Martin.
Basses fréquences (40-100 Hz)
Booster modérément 60-90 Hz pour le poids fondamental et le groove, en coupant sous 40 Hz pour éviter la boue.
Bas-médiums (100-400 Hz)
Renforcer légèrement 120-200 Hz pour le corps, en creusant 250-350 Hz pour la clarté et complémenter le kick sans conflit.
Médiums et hauts (500 Hz+)
Accentuer 800 Hz-2 kHz pour l’articulation et le snap, avec un boost subtil à 3-5 kHz pour la brillance pop, tout en contrôlant le harsh.

Style Chanson

Pour la variété française (comme chez Goldman, Souchon ou Obispo), les réglages basse privilégient un son chaleureux et discret qui soutient la voix sans la noyer, avec un équilibre rond pour les arrangements orchestraux ou rock léger.
Basses fréquences (40-100 Hz)
Booster modérément 50-80 Hz pour une chaleur enveloppante et un groove subtil, en coupant sous 35 Hz pour une propreté du son.
Bas-médiums (100-400 Hz)
Renforcer légèrement 120-220 Hz pour le corps et la rondeur, en creusant 250-350 Hz pour laisser de l’espace à la voix et aux pads/claviers typiques.
Médiums et hauts (500 Hz+)
Accentuer doucement 800 Hz-2 kHz pour l’articulation claire des notes, avec un cut au-dessus de 4 kHz pour un son smooth et non agressif, idéal pour les mixes vocaux français.

Conclusion

Adapter toujours ces réglages au contexte de votre son de groupe.
Commencer par des boosts/cuts modérés (±3-6 dB) pour explorer sans déformer le son source, puis affiner (Test A/B avec bypass EQ).
Dans les commentaires, partage ton EQ préféré pour la basse : quels boosts/cuts utilises-tu et pour quel style musical ? Ton retour inspirera la communauté !

Glossaire
Le « Rumble » désigne les vibrations ou bruits de très basses fréquences (souvent sous 50-60 Hz) qui produisent un grondement sourd, indésirable dans un mix.
Le « Harsh » désigne un son agressif, strident ou irritant pour l’oreille, souvent dû à un excès de fréquences aiguës (typiquement 3-8 kHz) qui rend le timbre fatigant, nasal ou métallique.
Le « Snap » évoque le transient initial d’une note de basse – rapide et incisif – souvent boosté dans les mids (800 Hz-2 kHz) pour faire ressortir l’articulation. En funk ou pop, il rend les lignes rythmiques « vivantes » et énergiques.
Le « Mid-forward » (littéralement « médiums avancés ») décrit une courbe EQ où les mids ressortent par rapport aux graves et aigus, créant un son direct, mordant et proéminent – opposé à « mid-scooped » (creux mids). Cela donne à la basse du punch pour percer guitares ou voix, comme en rock ou metal.
Le « Growl » évoque la vibration harmonique d’un instrument saturé : puissant, texturé et « sale », sans être harsh (strident). En metal ou blues, il rend la basse vivante et incisive, perçant les guitares.


Un paramètre non plus à ne pas négliger (essentiellement pour le live ) : la salle d’écoute ! et tout aussi important, la densité du public ! ça m’est arrivé de faire la balance dans une salle vide plus ou moins réverbérante, et verdict de mes collègues » trop de grave ! monte plutôt les mediums ! trop fort la basse ! (à pratiquement s’engueuler, alors que j’avais les même réglages que dans la salle de repete, avec même moins de volume ) bon, je m’exécute et dés que la salle commence à se remplir, les autres me font signe de monter mon volume, de remettre du corps … bref je retombe en gros sur mon réglage d’origine .
D’où la question : quelle est l’utilité de faire une balance sans public ? (si on a un bon sondier, il peut adapter progressivement, mais sans, c’est la cata assurée !)
Merci Denis, pour ton commentaire très pertinent !
Effectivement, la salle et la densité du public jouent un rôle énorme dans la perception du son, surtout dans le grave. Une salle vide est souvent plus réverbérante, car les murs et le sol réfléchissent davantage les basses fréquences. Dès que le public arrive, les corps et les vêtements absorbent une partie de ces fréquences, rendant le son plus mat, plus sec, et souvent moins chargé dans le bas du spectre. C’est pour ça que ce qui paraît « trop de graves » pendant la balance peut devenir « juste bien » une fois la salle remplie.
Dans la plupart des contextes où la jauge dépasse celle d’un café-concert, il y a heureusement un(e) sondier(ère) qui ajuste ces paramètres en temps réel pendant le concert. C’est son rôle de rééquilibrer la façade au fur et à mesure que le public s’installe ou que l’acoustique évolue au cours du set.
Dans les petites salles, l’impact est souvent moins dramatique (sauf acoustique vraiment difficile), et il est possible de s’en sortir même sans technicien son. Dans ce cas, une solution simple consiste à ce qu’un des musiciens — s’il est en HF (sans fil) — se déplace rapidement dans la salle pendant le début du set pour vérifier le rendu global et ajuster au besoin.
Bref, faire une balance sans public reste utile pour caler les niveaux relatifs et vérifier que tout fonctionne, mais il faut garder en tête que le rendu final évoluera presque toujours lorsque la salle se remplit. Pascal – Basse en Ligne